Dans leur course à la puissance et
la miniaturisation les smartphones ont connu une démocratisation sans
précédent ces dernières années. Du simple appareil de communication au GPS, ces
derniers assument de plus en plus de tâches. Avec l’amélioration des minis
capteurs CCD, la photographie a logiquement trouvé sa place dans l’utilisation
de ces terminaux. Si au fil des années, la définition des photos acquises avec
ces appareils a évolué, le constat n’est pas le même pour l’aspect optique. En
effet, miniaturisation oblige, les modifications physiques de l’objectif sont
limitées.
Une question d'ouverture
Les appareils photos grand public de type compact ou bridge permettent de
plus en plus de jouer sur la mise au point et de modifier l’ouverture de leurs
diaphragmes. Ce paramètre permet d'obtenir une focale plus longue pour une
meilleure mise en valeur du sujet grâce à son action sur la profondeur de
champ. A contrario, l’optique d’un smartphone est fixe et se cantonne
à une petite ouverture qui n’autorise guère de mise au point su un quelconque
sujet.
Pour pallier à ce problème d’ordre matériel, Marc Levoy, un chercheur de
l’université de Stanford, a mis au point une solution logicielle ingénieuse.
Cette dernière consiste à suivre un objet défini au préalable, à filmer la
scène pendant 10 à 20 secondes en variant légèrement la position de capture
(par exemple en décrivant de petits cercles) puis d’obtenir une image composite
résultant de toutes les images capturées pendant ce laps de temps.
Le Choc des Titans vu en pseudo "3D" de pacotilles : comment
peut-on oser vendre ça au public... Je n'ai rien contre les conversion 2D >
3D de prises de vues réelles à condition que du temps y ai été consacré. C'est
loin d'être le cas du film de Letterier. Entre l'algorithme qui fait sortir le
crâne d'Hadès de manière totalement farfelue et des cadres rapprochés sans
aucune profondeur (normalement ce doit être l'inverse), le nombre d'entorses
aux règles du relief sont incalculables. Le pire est que rares sont les cinémas
en province à proposer la version 2D normale qui correspond à la vision du
réalisateur.
Iron Man 2 débarque mercredi en fausse 3D lui aussi, avec l'avantage d'avoir
eu beaucoup plus de temps pour la conversion des séquences réelles avec
acteurs. wait & see...
Alors que les 12èmes rencontres internationales
de la réalité virtuelle se déroulaient à Laval, nous nous y sommes rendus en
bons Technophiles. En effet, ce salon connu aussi sous le nom de Laval Virtual
est devenu un rendez-vous incontournable pour les professionnels et amateurs
des nouvelles technologies.
Comme l’indique son nom le Laval Virtual réuni des projets dans le domaine
de la réalité virtuelle, mais pas seulement. Ainsi au fil des années sont venus
se greffer la robotique, les green-tech, la réalité augmentée, la domotique et
de nombreux projets expérimentaux qui mêlent parfois subtilement art, artisanat
et technique. Le salon est aussi l’occasion pour certains ténors du hardware et
du software, ainsi que pour des écoles et universités de France et de Navarre
de venir exposer leur savoir-faire. Parmi les grands noms ayant occupé des
stands au Laval Virtual on pourra citer le prestigieux MIT, l’Université de
Tokyo, de nombreux laboratoires Japonais de renom, l’Institut de Technologie de
Beijing, le CNES, Sega, AMD/ATI, Nvidia, Sony ou bien encore Dassault
Systèmes.
12 ans déjà
Si le vin se bonifie avec le temps, il en est de même pour le Laval Virtual
qui à sa 12ème édition ne nous a pas déçu. Dans les technologies présentées la part belle était faite à la réalité augmentée, aux
interfaces utilisateurs, aux interfaces homme-machine et comme il se doit
chaque année aux progrès des technologies d’affichages. Des affichages, il n’en
manquait pas avec pléthore d’écrans stéréoscopiques et surtout
auto-stéréoscopiques qui jonchaient le salon, alors que la vague de la
« 3D » relief déferle sur le grand public et les professionnels. Tous
les écrans auto-stéréoscopiques présentés se sont avérés convaincants, malgré
la contrainte de la distance à adopter et la limitation à 8 points de vue
possibles. Pour ne pas changer ce sont les produits de chez Alioscopy qui
proposaient le meilleur rendu. Pour l’affichage 3D conventionnel aucune firme
n’a fait appel aux lunettes actives, trop lourdes à notre gout à l’image des
lunettes Xpand fournies dans certains cinémas qui cisaillent le nez. Ici
c’était plutôt le passif qui l’emportait avec les bons vieux filtres polarisants !
Pour les affichages plus classiques AMD/ATI nous a gratifié d’une
démonstration dé-coiffante de sa technologie ATI Eyefinity sur un projecteur
4k, soit une résolution de 4096 par 2160 pixels. Il faut bien avouer que sur ce
point le résultat nous a bluffé tant la carte graphique ne semblait pas peiner.
Après Nvidia l’an dernier et sont 3Dvision c’était donc au tour d’AMD/ATI de
montrer les dents cette année !
Après l'effort...
Puisqu’il est question d’écrans nous avons été particulièrement captivés par
le procédé Mytouch de l’entreprise Anticyp qui permet de rendre tactile tout
type de surface d’affichage. Puisqu’il faut bien allier le travail au plaisir
nous avons eu le bonheur de tester la version bêta du jeu de stratégie phare de
l’éditeur Blizzard, Starcraft II, le tout sur une table tactile multipoints
utilisant le procédé.
Starcraft II version
grand luxe !
En terme d’interface tactile, c’est l’Holo Cubtile de la société Immersion
nous a subjugué. Imaginez-vous manipuler un objet dans un miroir devant vous à
l’aide d’un cube aux faces tactiles multipoints, le tout d’une manière
intuitive avec l’impression que l’objet 3D flotte en face de vous. C’est la
technologie que propose Immersion, dont le produit intriguait particulièrement
une représentante du Musée du Louvre. Un bon moyen de faire revivre des œuvres
perdues ou fragiles vis-à-vis du grand public, mais aussi de visualiser un
prototype dans l’industrie par exemple.
Quand la démonstration vidéo de Youtube devient
réalité…
Toujours dans la manipulation de l’information et des interfaces c’était
Noël avant l’heure avec, à notre grande surprise, la présentation d’une
interface 3D pour appareils mobiles. Grossièrement un logiciel
de tracking détecte la position du doigt de l’utilisateur dans
l’espace proche et après une rapide calibration l’autorise à manipuler des
photographies, taper du texte ou bien encore manipuler des volumes, le tout
sans toucher l’écran. Les concepteurs ont bien voulu nous laisser tester ce
Graal technologique. À l’usage le tout s’est révélé très (trop ?) sensible,
malgré le fait qu’une fois l’amplitude de mouvement assimilée le tout se
maniait naturellement. Il faut souligner qu’il s’agit ici d’un prototype. De ce
que nous avons pu en voir, le dispositif est prometteur et une fois finalisé
pourrait envoyer aux oubliettes les technologies tactiles. De plus en plus
présente, jusque sur des paquets de céréales du commerce, la réalité augmentée
avait une bonne place dans le salon. Du billard physique virtuellement assisté
par vidéo-projection aux sempiternelles paternes, il y en avait pour tous les
gouts. Deux dispositifs ont retenu notre attention.
Et la domotique fût
Le
premier est un projet de Domotique nous venant tout droit d’Australie, plus
précisément du MIL (Media Interaction Lab). Nommé CRISTAL (Control of
Remotely Interfaced Systems using Touch-based Actions in Living spaces)
par ses géniteurs, le projet consiste en une table tactile sur laquelle
s’affiche une vue en temps réel de la pièce à contrôler, ici un salon mis en
scène avec télévision, luminaires, robot aspirateur et cadre photo-numérique.
L’objectif est de pouvoir interagir avec tous les éléments suscités de la
manière la plus intuitive possible, pour allumer les lampes il suffira de les
« toucher » sur la table. Pour visionner des médias sur le téléviseur
ou sur le cadre photo numérique, une interface s’affiche par-dessus une vision
à 360° en temps réel de la pièce, via cette dernière l’utilisateur n’a qu’à
glisser déposer ses médias (vidéos, photographies…) vers le périphérique désiré
pour les visionner. De l’avance rapide sur un film au déclenchement de
l’aspirateur, tout a été conçu pour être piloté tranquillement de son fauteuil
du bout des doigts. Un excellent exemple de domotique appliquée qui n’a pas
manqué de nous faire donner des idées. Notons que Neopsine collabore
actuellement avec des acteurs du libre pour la mise au point d’un système de
domotique complet. C’était donc, pour nous, un heureux hasard de pouvoir
contempler un tel dispositif dans une mise en situation plus parlante que de
longs discours.
Quand les mondes physiques et virtuels ne font
qu’un
En bons fans de science-fiction le second projet a réveillé en nous des
instincts primaires de geeks. Imaginez des lunettes sur lesquelles un
pico-projecteur dispense une interface/HUD qui vient s’ajouter aux informations
physiques de l’environnement reçues par notre œil. Cet appareil aux allures de
casque futuriste a été conçu par la société Laster. Un pico-projecteur Oled
placé dans une branche des lunettes du casque projette une image de 800 par 600
pixels sur le verre droit. Après quelques menus réglages l’image apparaît
nette. Dans la démonstration un globe terrestre était placé à quelques mètres
de l’utilisateur, une caméra se chargeait de calibrer et de maintenir la
position de la sur-couche numérique par rapport au globe. Ainsi, après
sélection dans un menu à l’aide d’un doigt équipé d’un genre de dé à coudre
rouge, il est possible d’observer les satellites qui tournent autour de la
terre, de choisir un engin en particulier pour voir sa trajectoire et en se
penchant sur la table devant soit d’observer sa modélisation 3D, comme si ce
dernier sortait du plan de travail. Malheureusement, ce type de technologie est
difficile à imaginer, il faut la vivre, comme souvent en réalité augmentée. A
terme les applications envisagées varient, on pourra citer la manutention, la
chirurgie ou bien encore le maintien de l’ordre. Si le prototype présenté au
Laval Virtual relevait plus du casque que de Lunettes, la firme espère
miniaturiser le périphérique et projeter l’image en stéréoscopie et non en
monoscopie comme c’est le cas actuellement.
Passez-moi Vador
Pour
le reste, nous avons aussi apprécié le travail de l’entreprise l’œil du chat
qui présentait des images de « type holographique. Par un procédé
ingénieux comparable à celui employé lors d’un concert du groupe musical
Gorillaz. L’entreprise, chargée de créer des supports de communications
innovants pour des clients tels que le CNES nous a présenté une scénographie
qui consistait à intégrer du contenu vidéo avec des maquettes. Le résultat,
époustouflant, nous a donné l’impression de personnages flottant à l’intérieur
d’une pyramide de verre. Nous avons exprimé nos talents d’artistes sur une
interface organique répondant au doux nom de Photoelastic Touch. Combinez une
caméra équipée d’un filtre polarisant, des volumes gélatineux posés sur un
écran et vous obtenez une interface tactile volumétrique peu onéreuse et facile
d’utilisation, le tout avec un semblant de retour d’effort relatif à la densité
des volumes.
Le robot polymorphe,
Column Gear, (vidéo disponible en 3D reflief)
La robotique n’était pas en reste cette année avec deux projets phares, le
premier, Column Gear, nous a demandé de l’effort physique. Ce robot
polymorphe venu de la
planète icd-lab est contrôlé par trois personnes qui possèdent chacune une
boule dotée d’un accéléromètre comparable à celui de la Wiimote. Le but est
d’agiter le plus efficacement possible sa boule pour déployer le robot sur un
axe particulier. Si les trois compagnons de jeu se débrouillent bien, ce qui
était loin d’être notre cas il faut l’admettre, il est possible de déplacer le
robot en gérant son équilibre. Un projet particulier à découvrir absolument en
vidéo. Le second projet, conduit par l’Esiea, était le Robographe. Ce bras
robotique a comme particularité d’avoir la capacité à reproduire avec une
précision étonnante le tracé effectué par une personne sur une tablette
tactile. En l’occurrence c’est un dessinateur de Spirou, le breton Jean-Claude
Fournier qui s’est prêté au jeu. Des Robographies étaient en vente sur le
stand, une première mondiale.
Bain de foule
Nous nous sommes aussi rendus aux journées grand public qui avaient perdu
bien des exposants, au profit de projets d’écoles et d’animations plus
ludiques. Il faut noter la présence d’une association linuxienne locale, chose
que nous souhaiterions voir se renouveler. Le fait de constater que le grand
public se passionne autant pour les nouvelles technologies représente pour
Neopsine une motivation essentielle.
Vos humbles serviteur
après une journée riche en surprises !